Test de la Tesla P85 avec DrivElectric, société de location de voitures de prestige Tesla

Bonjour à toutes et à tous. Ceux qui me connaissent un peu savent que je suis très sensible aux nouvelles technologies, mais également très attentif aux dernières tendances en terme d’automobile. Lorsque l’on combine les deux, il en ressort par exemple une réelle appétence pour les véhicules électriques nouvelle génération « accessibles », tels que ceux de la gamme ZE testés chez Renault, mais surtout une vraie passion pour l’extraordinaire travail de Elon Musk à la tête de Tesla, à qui je voue un véritable culte (et la récente présentation du Powerwall n’est par ailleurs qu’une preuve supplémentaire que nous sommes enfin au 21ème Siècle).

Cela faisait ainsi un certain temps que je nourrissais une obsession pour les voitures de chez Tesla, les cherchant constamment du regard, les traquant tout bonnement lors de mes récents séjours en Suisse, et obligeant mes proches à piler devant une Tesla en charge pour observer sa grâce. Il faut dire que ces voitures intriguent forcément, avec leurs courbes attractives, leur autonomie très intéressante et le concentré d’innovations présent à bord. Et puis, récemment, l’opportunité de passer une journée au volant d’une Tesla m’a été proposée par DrivElectric, un service de location de Tesla au succès fulgurant en France, avec ou sans chauffeur, pour courte ou longue durée. Vous imaginez bien que mon sang n’a fait qu’un tour… et que je me suis empressé d’en profiter.

Tesla Modèle S P85

Le test, que je vais vous présenter ci-dessous, a eu lieu ce weekend ; et il s’agit probablement du test le plus appréciable qu’il m’a été possible de réaliser ces dernières années. Je profite également de l’occasion pour vous présenter l’activité de DrivElectric en conclusion : n’hésitez vraiment pas à vous intéresser au concept, et pourquoi pas… à parcourir quelques routes de campagne au volant de cette pépite.

Son allure

La première rencontre avec cette belle demoiselle s’est faite en toute discrétion ; je la revois encore glisser sur le bitume dans un silence improbable. Si ses dimensions XXL peuvent impressionner (4.97 mètres de long, 2.19 mètres de large, 2.11 tonnes !), son magnifique design fait de cette voiture un modèle en terme d’élégance, et il paraît d’ailleurs bien difficile de passer inaperçu à son volant : les regards se tournent, les papas hystériques la montrent du doigt à leurs enfants, et les véhicules ralentissent à son niveau sur l’autoroute pour l’observer. Véritable silence lorsque l’ange passe…

Ses poignées en zinc poli à la main qui se déploient ou se rétractent automatiquement lorsque nécessaire, sa peinture nacrée qui sublime ses courbes au soleil et ses magnifiques jantes de 21 pouces, associées à l’écusson Tesla qui semble visible à plusieurs centaines de mètres, lui donnent une fière allure. J’ai été marqué par l’attention apportée aux détails ; chaque centimètre carré semble être le composant légitime d’une œuvre d’art, que je ne me suis jamais lassé d’observer. J’ai vraiment apprécié de me sentir dans une voiture satisfaisant à la fois à mes goûts technophiles et à ma vision d’un véhicule noble, classe, terriblement désirable, comme certaines Jaguar ou Aston Martin récentes.

Tesla Modèle S P85

Son intérieur

Bien courageux sont ceux prêts à passer du temps dans une Tesla, car il est ensuite très difficile de redescendre sur terre (je caresse désormais le tableau de bord de mon Audi comme on pourrait tapoter l’épaule d’un proche en lui disant « Tu sais, l’important… c’est de participer… »). Tout y est magnifique : le tableau de bord est en vrai bois à la couleur parfaite (obeche), les pièces en aluminium viennent apporter une touche sportive délicieuse, le volant est superbe et les sièges en cuir ont l’air si précieux que l’on hésite à y poser un jean entrée de gamme. Dans le cas présent, une (belle) option nous a permis de profiter d’un immense toit ouvrant, dont mon seul regret est que seule la partie avant puisse être ouverte. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! Tesla se réserve sans doute un lot d’amélioration pour les prochains modèles ; il ne s’agirait pas d’écœurer la concurrence si rapidement…

Tesla Modèle S P85

Concernant l’écran tactile, car je sais bien que c’est l’un des éléments qui fait le plus parler dans mon entourage, l’expérience est conforme à mes attentes : le tactile se rapproche des ordinateurs de bord classiques, mais ses dimensions pharamineuses (17 pouces) font penser que l’on a collé deux ipad l’un au dessus de l’autre, ce qui est le summum en terme de confort. La navigation est simple et efficace, les catégories telles que « Multimédia », « Navigation », « Agenda », « Téléphone » ou encore « Énergie » sont complètes et intuitives et peuvent être combinées simultanément (par exemple : une playlist audio sur la partie supérieure de l’écran, la carte avec trajet pour se rendre au superchargeur le plus proche sur la partie inférieure). Le cadran derrière le volant est également un bel écran ; j’ai d’ailleurs été bluffé par son ergonomie, son design et par l’affichage de la route à suivre (GPS), d’une clarté et praticité rares.

Tesla Modèle S P85

Ses rangements

Comme vous vous en doutez, l’une des particularités des Tesla est qu’elles n’ont pas de moteur thermique. Et qui dit « pas de moteur thermique » dit « beaucoup de place pour les rangements », car son / ses petit(s) moteur(s) occupe(nt) un très faible espace, bien inférieur au volume des moteurs traditionnels, sous les sièges arrières voire entre les roues et le tableau de bord (selon modèles). Le véhicule possède ainsi un joli coffre à l’arrière mais également un très bel espace à l’avant, pour une capacité totale de l’ordre de 900 litres, ce qui est énorme pour une berline de ce type. Les photos ci-dessous vous permettent de vous faire une idée, en sachant que la valise derrière le filet à l’avant occupe déjà pas mal d’espace et qu’une petite trappe à l’arrière permet d’accéder à un espace supplémentaire.

Tesla Modèle S P85

Tesla Modèle S P85

Sa performance

Je ne sais pas comment je pourrais vous décrire l’incroyable sensation de puissance à l’accélération. À la différence des moteurs thermiques, l’accélération est linéaire et instantanée, sans la moindre latence. Pour avoir fait pas mal de kilomètres avec une Ferrari F430, je peux vous assurer que j’ai préféré la sensation d’accélération de la Tesla P85 (et ce n’est « que » la P85, alors imaginez la P85D…), au risque de me fâcher avec les nombreux défenseurs des sensations « thermiques » qui s’indigneront d’une telle comparaison. Je reste encore scotché par la sensation d’être collé au siège, le tout dans un silence quasi-parfait : à la différence d’une Renault Zoé qui « siffle » rapidement à l’accélération, la Tesla P85 attend que la pédale d’accélération soit vraiment écrasée pour révéler cette présence sonore. Le seul élément un peu dérangeant à ce niveau-là est peut-être finalement celui d’être trop discret lorsque l’on double, avec les risques que cela peut engendrer.

À l’inverse, je suis très agréablement surpris par la vitesse à faible allure. La conduite est d’une fluidité rare, à l’opposé de certaines sportives presque désagréables à conduire en dessous de 70km/h. Nous avons même eu l’occasion de tester des bouchons en fin de weekend à l’entrée de Lyon, dont la pénibilité a bien mal résisté face au confort et à l’absence d’à-coups lors des faibles accélérations et décélérations. Nous en avons profité pour tester le freinage d’urgence : la Tesla identifie immédiatement que la voiture de devant a pilé et pile à son tour sans le moindre contact du pieds sur la pédale de frein (il faut avoir confiance… mais cette voiture semble d’une fiabilité exceptionnelle et donne envie d’avoir une foi aveugle en ses capacités).

Tesla Modèle S P85

Sa (re)charge

La charge et la recharge de la Tesla étaient vraiment un élément anxiogène pour moi. À peine avais-je fait 5 kilomètres que je commençais à regarder le compteur toutes les quelques secondes pour voir si le nombre de kilomètres restants ne fondait pas comme neige au soleil (ce qui est paradoxal, car avec plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie, nous sommes bien loin des problématiques qui faisaient tant parler ces dernières années : à peu de choses près, et j’exagère à peine, il est désormais possible de faire un Lyon-Paris d’une traite, sans recharge en cours de route). Finalement, avec l’habitude, on se détend et le plaisir reprend rapidement ses droits… d’autant plus que faire 200 ou 300 bornes n’arrive pas tous les quatre matins pour la majorité des gens.

Il faut savoir qu’il existe plusieurs manières de recharger une Tesla, ou plutôt… plusieurs kilowatts. Une connectique de 11 kW pour un chargement à domicile peut s’avérer assez long, de l’ordre d’un kilomètre obtenu par minute (27km par demi-heure, officiellement). Une station de recharge mieux adaptée, par exemple de 50 kW dans un lieu dédié, permet d’obtenir 136km de recharge en 30 minutes. Les superchargeurs Tesla, eux, sont un peu les Rolls Royce des stations, avec leurs… 120 kW de charge : ils permettent d’obtenir 270km d’autonomie par demi-heure, et ainsi de recharger ses batteries à 100% en quelques dizaines de minutes seulement. À noter que cela concorde justement avec les durées de pause suggérées sur les longs trajets… il n’y a donc plus vraiment de contrainte sur les longues distances, si ce n’est le nombre de bornes Tesla (2.361 superchargeurs dans 432 stations en Europe, ce qui est encore un peu light pour ce qui est de l’Hexagone).

Superchargeur Tesla

Pour tester un superchargeur, nous avons roulé quelques kilomètres au sud de Lyon pour atteindre la station de Chasse-sur-Rhône, située à proximité de l’autoroute. Nous avons fait des paris pendant le trajet concernant la présence ou non d’une éventuelle autre Tesla en charge sur le parking de l’Hôtel Ibis… mais n’avions pas anticipé la présence de 3 autres véhicules ! Au total, quatre modèles S dont trois P85 et une P85D, un Norvégien, un Suisse, et deux Français. Au delà de discussions passionnées avec d’heureux propriétaires, nous avons toutefois identifié une ombre au tableau : lorsque deux véhicules utilisent chacun leur superchargeur dans une station, le nombre de kilowatts est divisé par deux et la durée de recharge multiplié dans les mêmes proportions (ce qui reste toutefois extrêmement court : nous ne sommes restés que quelques dizaines de minute, à bronzer au soleil).

Mon ressenti

Voilà désormais quelques jours que j’ai lâché son volant, mais ce dernier me manque. Comme je vous le disais, tout me plait dans la Tesla P85 : son charme, sa technologie, sa souplesse, son autonomie. Je repense souvent au test de la P85+ par Presse-Citron et à son propre ressenti, se disant « tombé sous le charme, voire peut-être même envouté » : c’est nettement le cas pour moi. Si je sais bien que je ne suis pas près d’en posséder une un jour, je n’hésiterais pas à acheter un modèle Tesla plus accessible dans les années à venir (certaines  rumeurs font apparemment état de nouveautés bien plus accessibles que ce modèle à 80.000€ -avec les options- pour 2018, alors pourquoi pas ?).

Le plus impressionnant lorsque l’on s’habitue à la Tesla, c’est certainement l’image que l’on se forge des autres véhicules : avec leur moteur thermique souvent poussif, leur pot d’échappement semble cracher les résidus de nombreuses années d’absence d’innovation (ce qui est faux, au regard justement des jolis progrès des dernières années en terme d’émissions de CO2). La P85 semble avoir enjambé une décennie et narguer l’ensemble de ses congénères, avec une discrétion tout à fait paradoxale. Certains diront que cette voiture n’est pas du tout écologique, et ils ont raison, car les batteries restent constituées de lithium-ion (et comme le dit un membre de ma famille : « Comment peut-on parler d’écologie alors qu’il faut encore 2 tonnes pour trimbaler 80 kilos ? »). Toutefois, la sensation est réelle : nous sommes entrés dans une nouvelle ère de véhicules, à la fois fiables, sécurisants, silencieux et confortables, une ère qui sincèrement, me met l’eau à la bouche.

Tesla Modèle S P85

La location DrivElectric

Le gérant de DrivElectric est quand même un modèle lorsqu’il s’agit de définir l’expression « Joindre l’utile à l’agréable ».  Après une première expérience marquante au volant d’une Tesla (marquante par le biais des sensations de conduite… mais également d’une panne à 3 heures du matin), il a entrepris d’acheter un véhicule « d’un constructeur automobile visionnaire, ayant 7 ans d’avance sur ses concurrents » et de le proposer à la location, quelle que soit notre localisation dans l’Hexagone. Le bouche à oreille fonctionnant efficacement, trois modèles sont désormais disponibles à la location, avec des tarifs jour et un kilométrage illimité. Vous pouvez donc réaliser le même test que moi… et croyez-moi, ça vaut le coup.

Des locations « avec chauffeur » (sur des forfaits de 4 à 8 heures ou à la course) tout comme des locations « longue durée » sont également proposées (mensuelles, comprenant assurance, entretien, assistance 365 jours par an) . Quel que soit le type de location retenu, l’une des particularités de DrivElectric est que tous les types de câbles sont fournis, afin d’être sûr à 100% de pouvoir recharger son véhicule, quels que soient le lieu et le timing en Europe (Type 2, Type 3, prise standard européenne, Chademo, etc). Étrange sensation que celle d’avoir un chargeur multi-connectiques pour smartphone mais… pour sa voiture !

Tesla Modèle S P85

N’hésitez pas à visiter le site de DrivElectric si vous souhaitez en savoir plus, ou à prendre contact directement sur Facebook (/DrivElectric) ou Twitter (@DriveaTesla) si vous avez la moindre question. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une bonne fin de semaine, en espérant vous avoir apporté un aperçu à la fois complet et réaliste de ce formidable test que j’ai eu l’occasion de réaliser. Encore merci à DrivElectric !

  • En plus de 30 ans de permis j’en ai essayé des voitures, et pourtant l’essai de la Tesla P85+ à Lyon il y a un an fut la plus grosse claque de ma vie d’automobiliste.

  • François Evo

    En ce qui concerne le super-chargeur de chasse sur Rhône, il se trouve que c’est un chargeur temporaire, en attendant un super-chargeur définitif. C’est pour cela que le puissance est limitée et partagée. Sur les super-chargeurs définitifs, ce n’est pas le cas.

    Et tu as oublié de parler aussi de la possibilité de rajouter des sièges 6 et 7, pour en faire une 7 places familiale : deux sièges enfants, tournées vers la route, peuvent s’installer dans le… coffre arrière !!

    Ce qui nous rappelle que si cette voiture rivalise avec les Ferrari et autres Porsche bien puissantes, il faut toujours se rappeler qu’il s’agit là d’une berline familiale !! Ce qui n’est pas le cas de ses rivales « Fumantes » ;-)

  • Paco

    Les batteries Lithium sont constituées principalement de fines feuilles de cuivre et d’aluminium, d’une électrolyte, et de très peu de lithium qui est un sel que l’on trouve à l’état naturel dans l’eau de mer et surtout là où elle s’est évaporée (certains lacs, certaines couches géologiques). De plus, contrairement au pétrole, comme le dit JB Straubel, chaque atome de Lithium se retrouve dans la batterie quand elle a fini sa vie : automobile, stockage stationnaire, recyclage.
    Voilà : certes la Tesla n’est pas aussi écologique que le vélo, mais un grand pas est fait là aussi vers le plus propre, le plus sensé, le plus responsable…

  • 1472069776446903

    Malgré un a priori fort négatif, j’ai essayé la Tesla P85D voici quelques jours en Suisse dans les routes de montagne autour de Martigny…

    Conversion immédiate à une technologie bouleversante !

    Les accélérations sont incroyables et la stabilité juste renversante !

    Rien ne sert de s’étendre sur le sujet, l’essayer c’est l’adopter !!!

    Vivement la sortie des prochains modèles …